Voyage avec le Marine-Morgan
La retraite c'est avoir le temps, la voile c'est prendre son temps, alors nous avons décidé d'allier les deux ! Partis de Brest en juillet 2010, nous avons commencé ce blog en avril 2013, en Corse, où le bateau terminait son hivernage. Nous sommes en ce moment en Grèce.

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Retour en France... après 8 ans pour le Marine-Morgan.

Bonjour à tous,

Nous avons effectué la traversée Portoferraio-Menton d'une traite. Le vent et surtout la mer ne s'y opposant pas.

L'ancre est levée à 6h du matin et retourne à l'eau le lendemain à 16h, 137 milles plus loin. Comme toujours les derniers milles, avec le vent qui nous lache, sont les plus longs, et la côte qui apparaît enfin à l'horizon, est très longue à rejoindre.

Cette nuit-là a été particulière. Tous les deux, nous avons ressenti à des moments différents, une présence rassurante, celle d'un ami, que nous ne reverrons plus jamais. 

Les nuits en mer sont particulières, ils nous arrivent d'entendre comme des voix qui parlent près de nous, de comprendre certains mots sans arriver à suivre la conversation. Des présences aussi nous effleurent. Est-ce notre cerveau qui nous joue des tours ? ou est-ce autre chose... ?

Le manque de sommeil provoquent aussi des hallucinations visuelles le jour : des ponts au milieu de l'horizon, des villes là où il n'y a que la mer, des bateaux qui n'existent pas etc...

 

Après avoir croisé quelques dauphins qui font un détour pour vérifier si notre coque n'abrite pas quelques proies, nous restons seuls sur l'eau. Pas un voilier ! 

 

Enfin nous arrivons à Menton où nous mouillons à l'entrée du Vieux Port. Le bateau comme nous, semble très heureux d'être arrivé sur la côte française. 

Le lendemain après une bonne nuit de repos, nous repartons pour suivre la côte vers l'ouest. 

Nous passons devant Monaco et agitons les bras pour le cas où Morgan, notre fils, prévenu de notre passage, regarderait vers le large.

 

 

 

Voir cette côte de la mer nous réjouit. Nous donnons, leurs noms, à tous les lieux que nous reconnaissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque cap nous devient familier, chaque baie que nous traversons nous étonne par sa profondeur, ses dimensions, qu'on ne soupçonnait pas ainsi de la terre ferme.

La côte très urbanisée défile, nous arrivons près d'Antibes. Le vent ne devrait pas être d'Est cette nuit. Nous mouillons à côté dans la baie de Salis.

 

 

 

 

 

Vue sur la plage d'Antibes depuis les remparts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous mouillons par 8 m de fond, pas très rassurés par ces rochers qui émergent un peu partout. 

Le lendemain nous rentrons dans le port d'Antibes, après avoir téléphoné pour réserver une place amodiée. C'est le port de toutes les attentes.

Une heure à faire des ronds à l'entrée, au miieu d'énormes bateaux à moteur, qui sortent du port pour mouiller 1 mille plus loin et sans doute aussi pour décharger leur cuve, à en juger par les effluents qui flottent à la surface de l'eau.

Une heure d'attente le lendemain pour un lavage de linge qui, finalement se fera en ville, aucun des lave-linge du port ne fonctionnant.

Et enfin une nouvelle heure d'attente pour sortir de notre place très étroite, avec l'aide d'un employé du port.

A part cela le personnel est très aimable et serviable, ça compense...

Nous y avons la surprise d'être reconnus par des plaisanciers, qui disent nous avoir vus au sud de la Sardaigne, il y a 5 ou 6 ans. Nous y étions en effet ! Eux ont traversé et leur bateau est actuellement en Colombie ! 

A Antibes c'est la fête de la musique, du foot (coupe du monde oblige) et l'anniversaire de Jacqueline. Morgan, qui n'habite pas très loin, vient nous rejoindre pour l'occasion.

 

 

 

 

 

 

 

Ronan, Morgan, Jacqueline, réunis dans le carré du Marine-Morgan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous visitons la ville et suivons pendant quelque temps les Antibois, un groupe sympathique qui met une superbe ambiance pour la fête de la musique.

 

 

 

Leurs instruments sont des jouets munis d'une embouchure. Ils jouent en rythme des airs connus.

Quelle ambiance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand des Bretons découvrent chez Félix, une spécialité : l'aïoli.

 

 

C'est délicieux ! un gros morceau de cabillaud entouré de carottes, pommes de terre, haricots plats, d'un oeuf et de la sauce aïoli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reposés, tout propres et la cambuse bien pleine, nous reprenons la mer vers l'Ouest.

Nous passons le cap Camarat et mouillons entre le cap Teillat et le cap Lardier, au nord de la baie de Briande. Nous sommes nombreux au mouillage, mais nous pensons qu'en fin d'après-midi tous les petits bateaux à moteur partiront. En effet ils s'en vont tous sauf celui qui est tout près de nous. A la fin nous ne sommes plus que deux au mouillage, à moins de 30m l'un de l'autre ! Le vent souffle, il pleut, nous sommes tantôt devant lui, tantôt derrière.

A force de tourner, nous nous inquiètons pour la chaîne. Mais non, les bateaux ont bien évité et nous repartons le matin toujours vers l'ouest.

 

 

 

 

Devant la plage dans la baie de Briande, par 6m50. Les bateaux commencent à s'en aller.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vent d'Est nous montrant le chemin, nous ne nous arrêtons pas au mouillage de l'île de Porquerolles déjà bien occupé, et continuons jusqu'à la baie de La Ciotat, tout au fond entre les Lecques et la Madrague. Là c'est le calme absolu, celui qui vous réconcilie avec tous les mouillages ventés ou houleux précédents. 

Nous serions bien restés ici quelques jours, mais il faut profiter du vent qui nous pousse avant qu'il ne change d'avis : nous entrons dans le berceau du mistral. Ce vent dont tous nous parlent depuis que nous avons passé Gibraltar et que nous ne désirons pas du tout rencontrer. 

 

 

 

 

 

Le rocher de l'entrée de la baie de La Ciotat ressemble, suivant l'endroit d'où on le regarde, à une aile d'avion échoué, à un aileron de requin, à un casque gaulois...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Drôle de mer qui peut changer très vite d'aspect.

 

 

 

 

 

 

Une mer d'huile ! comme aurait dit notre ami Yves

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelque temps plus tard...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui pend de la bôme ce sont des mains courantes que Ronan a confectionnées avec du cordage. Bien pratiques, elles nous permettent de nous agripper quand nous circulons dans le cockpit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière étape va se faire sans escale, sur un bateau qui, comme un cheval sentant l'écurie, va de plus en plus vite !

Nous passons devant Toulon, Marseille et les Iles Frioul où nous pensions nous arréter, et arrivons dans le golfe de Fos.

Tourner autour des tankers immobiles ou en route, en essayant de comprendre la configuration du golfe, nous angoisse. Le GPS est sollicité souvent, mais il ne nous aide pas beaucoup, contrairement aux voiles que l'on voit sortir qui, elles, nous indiquent une direction à suivre. Enfin un voilier va dans la même  direction que nous, nous ne le perdons pas de vue jusqu'à l'entrée du canal de Port St Louis. Un "deux-mâts" (on ne voit plus que ses mâts) échoué sur cette côte très basse, nous rend prudent. Et nous découvrons enfin les balises rouges et vertes qui doivent nous guider.

Un coup de fil à Navy Service nous apprend que le grutage du bateau ne se fera que dans deux jours. Il nous est conseillé d'aller attendre 2 milles plus loin à Port St Louis du Rhône.

 

 

 

 

 

Dans le chenal, Ronan installe les parebattages avant d'arriver au port.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous remontons le canal et découvrons ce port ouvert, qui communique avec le Rhône par une écluse.

 

 

 

 

Une péniche passe sous le pont levé et entre dans l'écluse qui s'ouvrira ensuite sur le Rhône.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Port St Louis du Rhône nous faisons connaissance avec les bouées. Ici plus de pendilles, elles ont été remplacées par des bouées. L'employé du port nous apprend que c'est une nouveauté pour lui aussi. En zodiac, il nous prend l'amarre et la passe dans l'anneau de la bouée qui flotte à 20 m du quai, fixée à une chaîne mère comme les autres bouées. Il tente ensuite de nous rendre l'extrémité de l'amarre, mais c'est trop court. Il faut rabouter nos deux plus grandes amarres pour avoir une longueur suffisante, qui nous permet d'avancer vers le quai où nous plaçons les deux autres amarres habituelles. Heureusement qu'il n'y a pas de vent, et que nous avons de l'aide. C'est une vraie gymnastique quand le bateau est haut sur l'eau, comme nous le verrons avec d'autres arrivants.

Deux jours plus tard nous nous présentons devant la darse de Navy Service pour la mise au sec du Marine-Morgan. Des bateaux attendent là, à couple, ne laissant que peu de place pour manoeuvrer. C'est la dernière épreuve, croyons-nous. Avec l'aide des employés du port, nous entrons dans la darse... en marche arrière ! Le bateau est mis au sec et étayé par des bras experts.

Commence alors la dernière épreuve. Nous sommes soudain attaqués par des myriades de petits moucherons anthropophages, qui nous arrachent des morceaux de chair, en particulier dans la tête parmi les cheveux. Démangeaisons insupportables. A peu près protégés dans le bateau, nous sommes dévorés dès que nous sortons. Et la chaleur est impitoyable. L'enfer ! Nous avons une pensée émue et compatissante pour Saint Louis, s'il est venu ici en début d'été, il a dû souffrir !

 

 

 

 

Le Marine-Morgan a sorti ses béquilles, car le mistral peut souffler très fort dans le delta du Rhône !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chantier n'est pas très animé, et pour cause !! Nous n'avons qu'une hâte c'est de quitter cet endroit. En deux jours le bateau est désarmé, le troisième jour, soulagés, nous prenons l'avion à Marseille-Marignane vers Athènes, car il nous faut encore ramener la voiture qui nous attend depuis mai, au chantier de Ionion Marine à Preveza.

Athènes nous accueille avec un concert de musiques traditionnelles qui nous réjouit.

Le car KTEL pour Prévéza, part maintenant à 11h30 de la gare routière de Kifissos. Quant au voyage sa durée aussi est écourtée, tant l'état de la route s'est amélioré. Nous longeons de nouveau le golfe de Corinthe, donnant un nom à la plupart des lieux que nous voyons. Après 5 h de route, le car nous lache avant l'entrée du tunnel sous-marin et nous terminons à pied la route vers le chantier.

Georgios, qui est de garde, nous ouvre le portail du parking, non sans une certaine émotion, à l'idée que nous retournons en France. La voiture, que nous avons bâchée, démarre sans problème. Le long voyage du retour peut commencer. Ah non ! le signal de l'ABS et celui des freins s'allument. Arrêt chez le concessionnaire de Prévéza, qui nous apprend que les roues ont besoin d'être dépoussiérées. Démontage, nettoyage, délestage (pas trop) et on repart. Le vent a dû bien souffler au chantier pendant notre absence !

Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire un petit saut dans les montagnes, jusqu'à Metsovo, pour son eau si pure et son fromage fumé. 

 

 

 

 

 

Metsovo et ses toits de schiste. Un ouvrier refait la toiture, surveillé par une statue grandeur nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plupart des maisons ont une partie en bois. Ici l'école ne déroge pas à la tradition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En attendant le ferry, nous passons l'après midi à l'ombre, à Plataria, après avoir fait le tour du port !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ferry arrive à Bari accueilli par le pilote du port que l'on voit ici monter à bord ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir remonté l'Italie depuis Bari avec une étape à Parme, nous rejoignons le bateau à Port St Louis du Rhône. La voiture est chargée par tout ce que nous n'utiliserons pas, en particulier les aliments. Les moucherons dévoreurs (appelés ici "arabi") et la chaleur étouffante, nous feront fuir littéralement la Camargue, que nous quitterons avec soulagement. Il parait que les moucherons vont bientôt laisser leur place... aux moustiques !

Nous reviendrons quand les jours seront meilleurs pour poser de nouveaux vitrages et faire la révision du moteur, qui a très bien travaillé pendant ces 2 mois.

Le Marine-Morgan ne sera plus très loin de nous... à peine à 1300 km en voiture.

 

Nous développerons plus tard, sur le blog, quelques points essentiels :

- l'usage du moteur en navigation

- le mouillage sur ancre

- le problème des vitrages

- notre manière de naviguer à l'ancienne ou presque etc...

 

Pour ceux que cela intéresse, voici les différentes étapes que nous avons suivies entre Prévéza (Grèce) et Port Saint Louis du Rhône :

Prévéza (mouillage), Crotone (port), Rocella Ionica (port), Tropéa (port), Cetraro (mouillage), Camerota (port), Acciaroli (mouillage), Procida (mouillage), Gaéta (mouillage), Anzio (mouillage), Santa Marinella (mouillage), Santo Stefano (mouillage), Porto Azzuro (mouillage), Portoferraio (mouillage), Menton (mouillage), Anse de la Salis (mouillage), Antibes (port), baie de la Briande (mouillage), La Madrague (mouillage), Port St Louis du Rhône (port).



Publié à 22:49, le sam 14 juillet 2018,
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